Le numérique en forte progression dans les foyers, favorisé par la présence d’enfants

mercredi 18 novembre 09

Au cours de ces dernières années, les investissements numériques dans le système éducatif, tant public que privé, ont été importants de la part de l’État et des collectivités territoriales (infrastructures, réseaux, ordinateurs, services, contenus, formations, etc…). Le raccordement en haut débit des établissements scolaires tout comme l’équipement en matériel informatique ou les outils pédagogiques multimédia sont des priorités pour les collectivités territoriales et le ministère de l’Éducation nationale.

Les familles ont accompagné ce mouvement. La présence d’enfants au sein des foyers est en effet un levier majeur de la diffusion d’Internet au sein des ménages.

Quelques chiffres permettent de mettre en perspectives l’état de l’équipement et des usages TIC de la population française en 2008 (sources : Arcep / Crédoc 2008 / Médiamétrie comparatif 2007-2008) :

En termes d’équipements :

  • Plus de 2/3 de la population est équipée d’un ordinateur
  • La présence d’enfants joue : à fin 2008, 56,5% des foyers sans enfant sont équipés en ordinateurs contre 90,8% des foyers lorsque un ou des enfant de moins de 15 ans y sont présents. Le taux d’équipements des foyers avec enfant(s) a augmenté de près de 7% (83,6%) entre fin 2007 et fin 2008.

En termes d’accès Internet :

  • Presque 27 millions de Français de 18 ans et plus sont connectés à Internet à leur domicile
  • La présence d’enfants modifie le comportement des ménages et l’accès à Internet : 49,8% des foyers sans enfants ont accès à Internet contre 83,1% des foyers avec présence d’enfants de moins de 15 ans. Le taux d’accès à Internet des foyers avec enfants a augmenté de près de 12% (71,6%) entre fin 2007 et fin 2008
  • 96% des connexions à Internet des particuliers sont à haut débit (dont 95% par ADSL)

L’accès et l’usage des TIC par les jeunes (12-17 ans) : l’émergence d’une population de « digital natives » :

  • 92% disposent d’un ordinateur à domicile (37% ont en plusieurs)
  • 85% disposent d’accès à un ordinateur sur le lieu d’études
  • 20% se sont connectés à Internet depuis un lieu public

Parmi les jeunes disposant d’un ordinateur à domicile :

  • 72% l’utilisent tous les jours (20% une à deux fois par semaine)
  • 64% ont effectué du travail à domicile, ces 12 derniers mois
  • 53% ont créé un blog ou un site personnel, dans les 12 derniers mois

Bien que l’équipement des familles soit en nette progression, la mise à disposition de services numériques dans les collèges et les lycées pose aux collectivités territoriales la question de l’égalité d’accès pour tous.

Certaines collectivités mettent ainsi en place des politiques d’équipement, de prix d’accès Internet négociés pour les familles en difficulté, d’autres réfléchissent à d’autres points d’accès (ouverture des établissements scolaires aux parents, ouvertures d’espaces publics numériques avec accompagnement à l’usage informatique).

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Le livre numérique : quelle ergonomie, quel marché, quels modèles économiques ?

mardi 10 novembre 09

Livre numériqueVERTONE a assisté à la conférence de l’EBG sur le livre numérique ayant eu lieu en Octobre 2009. Tous les acteurs potentiels de la future chaîne de valeur étaient réunis : Sony et Booken comme constructeurs, Editis pour les éditeurs, Milibris comme créateur d’interface, la FNAC et SFR comme distributeurs et enfin  GfK pour sa vision du marché.

Le plan du compte rendu suit naturellement la chaîne de valeur, du hardware au client.

Petit point de vocabulaire : bien distinguer le hardware, support de lecture aussi appelé livre électronique, reader ou ebook, du livre numérique, document lu sur le reader.

  • Le livre électronique
    Acteurs : Sony, Booken, Amazon Kindle (US uniquement), constructeurs de smartphone

Le premier livre électronique, apparu vers 2000, était lourd et encombrant. Aujourd’hui on peut lire :

  1. Sur son smartphone, ce qui permet aux opérateurs mobiles d’envisager d’être distributeurs de contenus. L’application gratuite sur iPhone a été téléchargée massivement. Cependant le confort de lecture et l’autonomie constituent encore des freins importants
  2. Sur livre électronique. La technologie phare est l’encre électronique (eInk) qui permet d’être lue sous tous les angles et au soleil à la différence d’un écran d’ordinateur. Par ailleurs, la consommation est nulle en dehors des changements de page : autonomie de batterie de l’ordre de 3 semaines ! Certains écrans sont tactiles, avec possibilité de surligner, annoter le texte (cela offre beaucoup de possibilités en terme d’interactivité). D’autres, plus rudimentaires, doivent être connectés pour charger les contenus et la batterie. La majorité des testeurs trouvent la lecture simple, accessible et aussi confortable que sur papier. La plupart des fabricants ont adopté une politique « d’ouverture » c’est-à-dire de compatibilité des formats pour que les lecteurs puissent conserver leur bibliothèque même s’ils  changent de support.                                          

=> Tout cela est capital quand on pense à l’impact qu’ont eu les terminaux sur le développement du marché de la musique mobile. L’arrivée de nouveaux terminaux (Samsung, Asus) est très attendue.

  • Le contenu
    Acteurs : les éditeurs classiques, la presse, les créateurs de contenu dédié

Aujourd’hui, 10 000 livres (romans, œuvres classiques) seraient disponibles en français (40 000 en anglais) ce qui est assez peu. En revanche, une part plus importante (jusqu’à 50%) de parutions professionnelles et éducatives serait déjà disponible en numérique.

Les éditeurs font beaucoup d’efforts pour s’adapter mais ont besoin de temps car ils doivent revoir entièrement leur modèle économique. Cependant, ils savent parfaitement qu’ils peuvent bénéficier grandement de cette évolution par exemple en entrant en contact avec leurs lecteurs (connaissance client, besoins, modes de consommations…).
Les autres acteurs les pressent et craignent que la piraterie se développe en attendant.

SFR se place aussi sur le contenu avec une expérience dans la BD (pertinence du format « case » pour un écran de téléphone) et a testé avec des auteurs la création d’un contenu dédié : un roman feuilleton de 80 chapitres a déjà été publié, payable à l’épisode.

Au sein de la chaîne de valeur, les fournisseurs de contenus pourraient percevoir entre 35 et 55% du prix de vente.

  • Les intermédiaires
    Acteur présent : Milibris

Leur rôle est de faire le lien entre les éditeurs qui contrôlent le contenu et les diffuseurs qui ont un accès privilégié au marché, en créant des logiciels qui mettent à disposition le contenu et le rendent exploitable. Selon Milibris, pour toucher un public de masse (condition sine qua non pour être rentable) il faut « faire du beautiful » pour retrouver le plaisir de lire. L’accent est donc mis sur l’interface, la continuité de lecture d’un support à l’autre (ex : garder l’apparence d’un journal pour pouvoir le lire sur son eBook et continuer sur son ordinateur au bureau en retrouvant immédiatement la page en cours de lecture) et la facilité à atteindre un chapitre, une rubrique…

Les intermédiaires pourraient toucher entre 8 et 20% du prix de vente.

  • Distributeurs et diffuseurs
    Acteurs : Opérateurs mobile, Amazon, fnac.com, Google peut-être…

Par analogie avec ce qu’il s’est passé pour la musique, on peut penser qu’en Europe les distributeurs auront un rôle prépondérant alors qu’aux US ce sont les fabricants de device/hardware qui mènent le jeu (comme Apple pour la musique numérique). SFR était donc présent au salon du livre et a déjà mené des tests auprès d’utilisateurs. La Fnac revendique aujourd’hui 40 000 téléchargements par an dont un quart de gratuits.

Des modes de paiement innovants sont à l’étude : les utilisateurs peuvent payer à l’acte (au livre, voire au chapitre) ou en abonnement mensuel.

  • Les clients

D’après les études réalisées, les clients grand public actuels sont majoritairement des gros lecteurs qui n’ont plus la place dans leur bibliothèque pour stocker du papier, et des technophiles (pour le plaisir de lire son Cosmo en numérique dans le métro). Enfin les universitaires téléchargent des articles numériques.
Les livres achetés sont pour l’instant des romans policiers, des grands auteurs et de la littérature féminine (Arlequin). La moyenne d’âge du client est plus élevée que pour la musique numérique (40 ans).

Quelques chiffres issus des études et expérimentations menées par les acteurs présents :

– La satisfaction des utilisateurs atteint 73% chez SFR avec 40% prêts à acheter, en abonnement ou à l’acte.
– 60% des utilisateurs de la Fnac pensent qu’il se substituera complètement au papier à terme.
– Selon Gfk, 30% du public est prêt à acheter un reader et 13% un livre numérique.
– Les clients attendent une baisse de prix par rapport au papier de 30 à 50% (SFR), 30 à 35% (Fnac).
– Selon Gfk, ils ne sont prêts à payer que 6€ alors qu’un livre papier en coûte 14 !
– Mais en moyenne, la Fnac constate qu’elle vend 4 livres/an à ceux qui sont équipés d’un reader, à raison de 11 € par titre.

En conclusion, le marché va probablement se développer avec les progrès des readers (attente envers les fabricants) et du contenu (attente envers les éditeurs). Chacun cherche à se positionner et à savoir quelle rentabilité aura ce marché. Des nouveaux entrants sont à attendre, notamment Google qui a commencé son projet de numérisation de l’ensemble des bibliothèques américaines (procès en cours avec les éditeurs américains mais un accord n’est pas exclu).

La question du prix est déterminante pour le développement du marché où tout le monde veut augmenter sa marge. Tous les acteurs s’accordent pour demander à l’Etat de baisser la TVA de 19,6% à 5,5% comme sur les livres papiers.

Les écueils de la musique numérique veulent être évités (piratage, formats incompatibles, quasi monopole d’un seul distributeur…).

Liste des intervenants :

SFR – Laurence Dolivet, Responsable musique et livre numérique
MILIBRIS – Guillaume Monteux, Président fondateur
EDITIS – Virginie Clayssen, Développement Numérique
FNAC – François Gerber, Directeur des Activités Numériques
BOOKEN – Laurent Picard, Co-fondateur
GFK – Philippe Person, Directeur du Pôle Culture
SONY FRANCE – Romain Poulet, Responsable partenariats contenus

G. Gras


Opération « Un collégien, un ordinateur portable » : l’accompagnement du changement comme levier du développement des usages

lundi 26 octobre 09

 

Opération "Un collégien, un ordinateur portable"

Le Conseil Général des Landes a mis en place depuis septembre 2001 une politique d’équipement des élèves et des enseignants en classes de 4ème et 3ème. 39 000 ordinateurs portables ont ainsi été distribués dans les 34 collèges du département. Les collèges ont également été dotés de matériels adaptés à l’utilisation en classe de l’informatique (câblage, vidéoprojecteurs, imprimantes, tableaux blancs interactifs, …).

En 2008, le Conseil Général des Landes a souhaité mener une enquête à grande échelle sur l’utilisation des équipements distribués et les usages développés auprès de la communauté éducative impactée (les élèves, les enseignants, les parents et les personnels d’encadrement et de vie scolaire).

Les enseignements principaux de cette étude réalisée par TNS Sofres sont parfois surprenants. En voici quelques uns présentés lors de l’université d’été « Ludovia » le 25 août dernier.

  • L’ordinateur ne modifie pas les pratiques enseignantes : uniquement 57% des enseignants l’utilisent à au moins un cours sur deux.
  • L’utilisation de l’ordinateur dépend de l’âge de l’enseignant : les enseignants qui s’en servent le plus sont les 35-44 ans (67%), suivi des 45-54 ans (58%). Les plus jeunes l’utilisent moins (41%).
  • L’utilisation de l’ordinateur est plus faible dans les matières traditionnelles (mathématique et français). Par contre l’outil s’impose en SVT et en Espagnol.
  • Les professeurs et les élèves ont une faible utilisation des ordinateurs pour faire de la recherche sur Internet
  • Les élèves préfèrent rendre leur devoir sur ordinateurs (72%), mais les enseignants leur demandent encore en majorité de les rendre en manuscrit (plus de 50% en manuscrit, 25% sur ordinateur, ou 25% leur laissent le choix)

changementCette enquête a tout d’abord permis d’aller à l’encontre de certaines idées reçues, telles que par exemple l’implication plus forte des jeunes enseignants dans l’utilisation des ordinateurs.

Elle a également permis de souligner le temps parfois long qui est nécessaire à l’appropriation des TIC à l’école. Les changements profonds qu’ils impliquent dans les méthodes d’enseignement et d’apprentissage, aussi bien au niveau des enseignants, des élèves, des parents et des équipes non enseignantes doivent être accompagnés par tous les acteurs.

Un des enjeux majeurs réside notamment dans la formation des enseignants à l’outil et à ses logiciels pédagogiques, pour un meilleur accompagnement à l’utilisation en classe.

Pour en savoir plus les résultats de l’étude TNS Sofres : http://www.landesinteractives.net/pagesEditos.asp?IDPAGE=228&sX_Menu_selectedID=left_23E7CEFo


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