Perspectives du livre électronique dans l’éducation (2/2)

mardi 26 mai 09

(Suite de l’article paru le 18/05/2009)

Dans le domaine de l’enseignement, les potentiels de l’e-book sont importants

En octobre 2007, Xavier Darcos Ministre de l’éducation, a annoncé l’expérimentation auprès de 50 classes de 6ème d’un cartable électronique (en fait un ebook contenant des manuels scolaires). L’appel d’offre lancé par le ministère s’est au final révélé infructueux et l’expérimentation est repoussée d’un an en attendant la disponibilité des écrans ebooks couleurs. Les ebooks destinés à cet usage ne seront pas dans un premier temps nécessairement connectés.

D’autres expérimentations sont en cours actuellement dans le collège numérique pilote de Goussainville, qui explore de manière plus large l’apport des NTIC dans l’enseignement. Il étudie notamment les interactions entre différents outils tels que l’ordinateur portable faisant office de livre numérique et le tableau interactif numérique accessible en cours.

Par ailleurs, des séminaires et tables rondes sont régulièrement organisées, comme le séminaire d’octobre 2008 portant sur « le manuel scolaire et numérique » ou la table ronde organisée au dernier salon du livre en mars 2009 autour des « Lectures de dem@in ». Ces ateliers réunissent l’ensemble des parties prenantes du sujet : industriels, éditeurs scolaires, personnes du Ministère de l’Education Nationale en charge des sujets NTIC, conseillers TICE des académies et professeurs.

Image2A l’étranger, plusieurs initiatives émergent également. Par exemple, en Chine, l’université de Pékin a expérimenté l’Ebook en 2007. Une expérimentation du cartable électronique est prévue en 2009 dans 10 lycées.

Aux Etats-Unis, 100 étudiants de la Penn State University testent actuellement le reader de Sony pour leur cours d’anglais.

Les bénéfices attendus du livre électronique dans le domaine de l’enseignement sont nombreux et déjà confortés par les premières expérimentations.

Du côté des élèves et des parents d’élèves, on note :

  • Diminution du poids du cartable de l’élève (notamment pour les enfants)
  • Disponibilité en permanence grâce à l’augmentation de l’autonomie des batteries et la facilité de transport (poids, taille)
  • Plaisir renforcé dans l’apprentissage grâce à l’aspect innovant et interactif et donc une plus grande motivation des élèves et une meilleure captation de leur attention
  • Moindre coût pour les familles comparé à l’acquisition de livres scolaires

Du côté des enseignants et de l’Education Nationale :

  • Enrichissement de la pédagogie grâce à la dimension multimédia (images, son et vidéos), notamment pour l’apprentissage des langues
  • Possibilité d’auto-apprentissage grâce à des exercices interactifs ou à l’inverse possibilité de réaliser des exercices collectivement
  • Actualisation régulière du contenu (articles de presse pour les cours de langues, contenus actualisées pour les cours de géographie ou d’économie, etc…)
  • Contenu personnalisable par le professeur qui peut diffuser son propre cours, élément renforcé lors d’une interaction avec le tableau numérique
  • Economie de papier en phase avec le projet « l’école agit » issu du Grenelle de l’Environnement

Ainsi, à terme, en se projetant, le marché potentiel de 14 millions d’élèves en France permettra de stimuler les volumes et donc de baisser les coûts des Ebooks.

 

Le chemin reste cependant long avant d’arriver à une véritable généralisation : de nombreux freins devront être dépassés et de larges défis restent à relever 

  • Equipement matériel massif et définition des modalités de financement (parents, collectivités, Etat ?)
  • Formation des professeurs, des élèves et des parents d’élèves avec un accompagnement du changement
  • Protection des contenus et respect des droits d’auteur
  • Définition d’un modèle économique permettant à l’industrie de l’édition scolaire de maintenir sa position
  • Numérisation des contenus (contenus des livres scolaires mais aussi, ressources pédagogiques des bibliothèques)
  • Adaptation des contenus à la spécificité de ce nouveau support (hypertexte, multimédia, interactivité individuelle entre l’élève et la machine ou collective entre différents élèves) tout en maintenant leur adéquation aux programmes enseignés
  • Amélioration du confort de lecture (définition d’écran, couleur, contraste pour une lecture en toutes circonstances…) et de l’expérience d’usage (toucher « papier », design, écran tactile, navigation fluide façon iphone, taille de l’écran…)
  • Facilité d’accès aux documents ou aux actualisations des cours
  • Communication pertinente pour accompagner le déploiement du livre électronique permettant la promotion de ce nouveau support et donnant la bonne information.

 

Image1Ainsi, l’ebook, avec l’arrivée des prochaines évolutions techniques et fonctionnelles est prometteur dans le domaine de l’enseignement. Cependant, les habitudes acquises avec le support papier imprimé ne se perdront pas si facilement et il faudra faire preuve de patience et de pédagogie afin que le nouveau support du livre électronique se substitue à l’ancien, qui a plus de 5 siècles de pratique satisfaisante derrière lui…

Raphaël B.

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La guéguerre « marketing-commercial » est terminée !

lundi 16 mars 09

Voici en guise de billet de la semaine la réponse donnée à une interview réalisée par HALIFAX CONSULTING dans « le grand blog de la vente » (cf blog favoris ci-contre).

Question de HALIFAX : Les acteurs du développement commercial que sont les forces de vente et les Directeurs Commerciaux doivent de plus en plus souvent collaborer étroitement avec les Directions Marketing. Pouvez-vous nous donner 3 bonnes (et nouvelles) raisons pour convaincre les derniers irréductibles de fermer définitivement la porte à la traditionnelle guéguerre , encore entretenue dans certaines entreprises, entre les équipes de ces deux composantes essentielles à la croissance de l’entreprise.

Réponse de VERTONE: Oui, la « guéguerre » marketing/commercial est un combat d’arrière garde. Pour trois raisons principales :

Première raison : Des changements de comportements d’achat des consommateurs
Le consommateur/client a réellement pris le pouvoir par rapport aux Marques et il s’est mis à l’exercer, formidablement outillé par les nouvelles technologies et services existants aujourd’hui sur internet. Le client veut tout, tout de suite, à ses conditions. C’est lui qui mène la danse. Il fait sa recherche de fournisseurs sur internet tranquillement de chez lui. Il se renseigne sur des sites spécialisés ou en faisant appel aux différentes communautés existantes, et mène son “appel d’offres”, sans aucun “affect” . Il peut même lancer ses propres enchères inversées ! Face à ce type de consommateur/client, il est évident que les métiers classiques du Marketing et de la Vente sont à réinventer….

Deuxième raison : L’évolution de la fonction Marketing
Avant, le marketing avait deux missions principales, créer la demande et aider à la vente. Aujourd’hui, une nouvelle mission s’impose, celle de « préparer le client à l’achat ». Concrètement, le marketeur moderne doit anticiper les parcours d’achat des clients et tenter d’y placer les actions, offres, communications au bon endroit et au bon moment pour l’accompagner progressivement dans sa décision d’achat. Aujourd’hui dans les secteurs automobile, tourisme, assurance, crédit et d’autres encore, le client a déjà fait 80% du chemin quand il entre dans un point de vente (pour ceux qui le font encore). Le rôle du vendeur, n’est donc plus seulement de transformer, mais il doit évoluer vers un rôle apportant plus de valeur ajoutée, par exemple ajouter des prestations non prévues ou simplement défendre le prix et donc les marges.

Troisième raison : L’importance du multi-canal
Le dispositif de vente est aujourd’hui multi-canal. Qu’on le veuille ou non. Encore une fois, c’est le client qui demande un dispositif performant. Le problème du client n’est pas de savoir quel canal va être commissionné pour la vente ! Il veut un parcours client logique, adapté, ergonomique et cohérent. Les canaux doivent donc être organisés en « chaîne de valeur », chacun jouant son rôle dans la vente en fonction des attentes de chaque client. Certains canaux seront plutôt gérés par des marketeurs, d’autres plutôt par des commerciaux, peu importe tant que l’objectif de vente est atteint. Là encore, cela suppose donc bien sûr une bien meilleure « intégration » des fonctions commerciales et marketing.

Bref l’énergie ne doit plus être consacrée à la recherche de responsabilités entre marketing et commerciaux mais bien à la recherche de solutions efficaces pour s’adapter aux nouvelles tendances de consommation.


La santé souffre… mais elle e-volue !

vendredi 13 février 09

La population vieillit, les maladies chroniques augmentent, l’appel au confort est de plus en plus pressant… Que de bonnes nouvelles a priori pour l’industrie de la santé !

Pourtant la nécessité de réduire les dépenses de santé, la hausse du coût de la recherche et la baisse des revenus (liée aux génériques notamment) viennent assombrir l’optimisme de l’industrie. Un malheur n’arrivant jamais seul, les nouvelles technologies s’invitent dans la danse et de nouveaux acteurs issus des télécoms, du logiciel ou de l’assurance changent petit à petit la structure du marché.

Résultat : l’offre de santé est à reconstruire en prenant en compte la e-santé, c’est-à-dire l’application des technologies de l’information à la santé.

L’offre de santé n’est donc plus l’exclusivité des professionnels du secteur (médecins, hôpitaux et pharmaciens), et le marketing va prendre pied fermement dans ce secteur, au-delà de l’industrie pharmaceutique aujourd’hui très experte sur ce domaine. Le client, finissons-en avec cette notion désuète du patient qui rappelle les « usagers » du 20ème siècle, devient une cible directement accessible pour tous les « fournisseurs » potentiels, anciens ou nouveaux acteurs de la santé, et va se voir proposer une offre diversifiée autour de quatre composantes :

  • La prestation de soins, avec la télésurveillance ou la téléchirurgie
  • La commercialisation de médicaments, avec le e-commerce qui pourrait s’accélérer dès que la Grande Distribution aura ouvert le marché
  • Les services à la personne, avec les services d’urgence, d’assistance, voire de coaching (puisque le bien-être fait partie intégrante de la santé…)
  • L’information personnalisée, avec les canaux web et mobile

Avec l’arrivée de nouveaux acteurs, le développement d’offres de services de santé (au-delà des produits) et la possibilité de suivre son client de manière très individualisée, le champ est effectivement ouvert pour les professionnels du marketing. Un marketing de l’offre pour optimiser son positionnement et sa différenciation auprès du client final, et un marketing client pour assurer sa rentabilité et la fidélisation de son « parc clients »…

En définitive, la e-santé représente donc une formidable avancée pour tous les acteurs :

  • Pour les clients :
    – Les malades qui pourront être suivis de manière plus personnalisée, y compris dans leur prise de médicaments
    – Les non-malades qui deviennent objets de prévention… et qui pourront donc enfin être considérés comme de vrais malades en souscrivant à des offres qui leur seront spécifiques !
  • Pour le système de santé qui pourrait bénéficier d’économies liées au traitement d’une information dématérialisée, préventive et instantanée
  • Pour de nouveaux acteurs :
    –  Les opérateurs télécoms qui investissent le marché de  l’infrastructure pour être en mesure de proposer de véritables offres dématérialisées à leurs clients (aujourd’hui utilisées davantage à titre d’exposition médiatique)
    – Les fournisseurs de logiciels et de services à la personne qui sauront exploiter et packager toutes les nouvelles possibilités de la e-santé
  • Pour les acteurs en place qui pourront enfin s’adresser en direct et en continu au client final

… et pour les professionnels du marketing en espérant qu’ils sauront appliquer un marketing responsable à un secteur heureusement sous surveillance !

Cartographie des services de e-santé

Cartographie des services de e-santé

Florent, Frédéric C., Pierre-Eric


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