Applications sans-contact : les cartes en avance sur les mobiles

jeudi 19 février 09

L’ergonomie du geste « sans-contact » devient un geste du quotidien, c’est un fait.
S’il est devenu courant dans les transports, il ne l’est pas encore pour le paiement mais cela devrait bientôt changer. Et peut-être sur nos mobiles prochainement ?

Alors qu’au Japon, NTT Docomo a trusté le marché et n’a pas permis l’émergence d’un éco-système ouvert, les acteurs Français ont tous la volonté de collaborer.

Les acteurs français, opérateurs télécoms, banques, distributeurs, et régies de transport ont mis tous leurs efforts en commun en 2008 pour faire naître un éco-système simple et surtout homogène. Un seul standard technologique, des parcours client communs (c’est un des objectifs du groupe de travail Ergosum avec les Distributeurs) par application et par support.

 

Les projets des banques et distributeurs d’équiper leurs clients en cartes et TPE sans contact vont banaliser encore davantage le geste pour le client.

 

 

 

Les banques vont en effet progressivement équiper clients et commerçants, les uns de  cartes de paiement NFC et les autres de terminaux de paiement (TPE) adaptés (NFC et multi-applicatifs). Les Distributeurs prévoient également d’équiper leurs clients de cartes privatives (cartes de paiement ou cartes fidélité) et d’adapter les TPE en caisse. Le Groupement des Mousquetaires a annoncé 1800 magasins dès début 2009, avec un objectif de 3500 magasins en cible. Carrefour devrait suivre avec sa carte PASS dès Février. On peut imaginer que pour favoriser l’adoption de ces nouvelles cartes, les distributeurs créent des caisses prioritaires pour les clients porteurs de telles cartes.

Le déploiement d’une infrastructure dans les points de vente, et leur financement, n’est donc plus une question pour le développement du paiement sans contact en France.

 

Et le mobile dans tout ça ? Depuis des années on en parle, on y travaille

Les cartes sans-contact vont ouvrir la voie au mobile, pour lui permettre de trouver tout naturellement sa place. Les distributeurs pourraient d’ailleurs y trouver un très fort intérêt ! Car le mobile offre des possibilités bien plus nombreuses.

Le mobile est l’objet fidèle du quotidien dont on ne se sépare pas, alors que les nombreuses cartes de paiement ou de fidélité que chaque commerçant ou distributeur nous propose finissent par trop encombrer notre portefeuille. Mais surtout, la carte combinée au mobile, devient « interactive » ! Cela ouvre pour les marques un canal de communication direct avec le client. Le paiement mobile serait donc un allié du marketing mobile !

On y est presque, mais…

Si les banques, les distributeurs et les opérateurs y trouvent tous un intérêt, il reste un obstacle à franchir pour voir les applications sans-contact se généraliser sur le mobile.

La stratégie industrielle des constructeurs est encore trop timide, attendant les commandes des opérateurs ou une adoption plus large des standards choisis en France. Mais ceux-ci jugent les offres et prototypes insuffisants pour une commercialisation auprès du grand public. Le sans-contact ne les aidera pas à vendre des mobiles, ces mobiles doivent être tout aussi attractifs que les best-sellers.

Les résultats des expérimentations menées actuellement par les opérateurs et les banques montrent un réel engouement des participants pour l’utilisation du mobile comme moyen de paiement ou titre de transport, mais ces mêmes testeurs se déclarent, pour une large majorité, insatisfaits du mobile qu’ils ont à utiliser au quotidien pour téléphoner ou surfer sur Internet.

Le statu-quo perdure par manque d’audace des constructeurs ou frilosité des opérateurs, mais qui les blâmerait dans le contexte actuel ? 

Faut-il attendre qu’un constructeur de mobile plus volontariste vienne une nouvelle fois bouleverser l’ordre des choses dans la prochaine version de son best-seller ?

« Messieurs, nous ne tirons jamais les premiers, tirez vous-mêmes ! »  répondit le compte d’Auteroche aux Anglais… il comprit son tort dès la première salve ennemie.

G. Dimitri, E. Sellier

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Du crédit toxique au crédit responsable ?

mardi 3 février 09
Logo le credit tue

Si Bercy avait retenu comme base de travail pour sa prochaine Loi sur le crédit à la consommation le projet rédigé par le sénateur Marini, nous aurions sans doute pu lire, demain, sur les dossiers d’offres de crédit renouvelable, ces messages alarmistes à l’instar de ceux que la Loi a imposés sur les paquets de cigarettes :
« Faire appel au crédit peut vous conduire à la faillite »
« Protégez votre famille, arrêtez de faire appel au crédit »

Le « crédit qui opprime »… Les termes utilisés par Philippe Marini dans l’introduction du projet de loi qu’il a déposé au Sénat le 13 novembre 2008, sont forts. Exagérés ? Ils dramatisent en tout cas une relation compliquée au crédit qu’entretiennent nombre de consommateurs. Le crédit est pourtant parfois présenté comme un droit. Certains ont même envisagé de revendiquer un droit « opposable », pour obliger les établissements financiers à prêter à ceux qui peuvent apparaître comme les moins solvables. Mais en même temps, les établissements financiers sont régulièrement montrés du doigt, comme étant les responsables du surendettement, quand l’accusation ne va pas carrément beaucoup plus loin. Schizophrénie ?
Nous sommes, en France, dans une culture de la culpabilité sur les questions d’argent et, singulièrement, sur l’emprunt. Si l’emprunt pour l’accès à la propriété est acceptable, et rarement mis en accusation, l’utilisation du crédit pour la consommation est très souvent mal considérée et même honteuse. Depuis quelques années, CETELEM, conscient du problème grandissant, a revendiqué une posture singulière : « le Crédit responsable ».

Le sénateur Marini met en accusation le crédit renouvelable. Présenté évidemment comme un des responsables du surendettement, il est mis aussi en exergue comme un des produits caractéristiques d’un « mal endettement », notion difficile à cerner mais qui caractériserait l’incompétence de nombre de ménages à gérer leur budget, incompétence naturellement sournoisement exploitée par les établissements de crédit. On peut même se demander si le sénateur et son équipe n’ont pas pris comme parti pris la toxicité du crédit, prétendant ainsi tirer une leçon indiscutable de la crise des subprimes aux Etats-Unis en 2007.

Le rapport qui sauve !
Heureusement pour les établissements de crédit, tel un cavalier surgi hors de la nuit, le consultant Athling s’est vu chargé par Bercy d’élaborer un rapport sur le crédit renouvelable. Il pourrait être jugé malicieux de rappeler qu’en dehors de Bercy, les clients d’Athling sont justement les établissements financiers, mais nous ne le ferons que pour souligner qu’il connaît très bien le sujet.
Si son rapport assume certaines orientations du projet Marini, on passe clairement d’un esprit de prohibition / coercition à un esprit de pédagogie, et de responsabilité bien comprise. Responsabilité de l’établissement de crédit, responsabilité du distributeur ou commerçant, et responsabilité évidemment du consommateur. Ceci confortera la posture et la signature de CETELEM.

18% de Taux effectif global, du vol ?
Curieusement, si les taux objectivement élevés de ces crédits (16% en moyenne hors assurance en 2007) font l’objet d’une protestation de fond, ils ne sont quasiment jamais expliqués, laissant entendre au consommateur qu’ils relèvent d’un abus absolu. Ce n’est pas si simple.
D’abord, convenons que les taux pratiqués par les banques pour les découverts sur compte courant sont également souvent très élevés, et parfois augmentés de commissions de découvert. Ensuite, il est peut-être utile de rappeler que le coût d’un crédit renouvelable pour l’établissement ne réside pas que dans le refinancement du montant utilisé. Le refinancement pour ce type de produit financier est en effet sensiblement plus complexe, puisque l’établissement s’engage vis-à-vis du client, à sa demande, à le financer à nouveau, à tout moment, dans la limite du plafond d’autorisation. Ce qui suppose qu’il se soit assuré auprès des partenaires bancaires qu’il pourra lui-même tirer sur de multiples lignes et sur des échéances diverses.
C’est justement cette complexité qui a posé un très sérieux problème en 2008 à COFIDIS, la crise des financements interbancaires ayant rendu très difficile l’appel au marché, et donc conduit COFIDIS à s’adosser au Crédit Mutuel. Alors même que l’établissement était un modèle de performance économique, le boulet n’est pas passé loin. Et voilà le dernier grand établissement de crédit jusque là indépendant, à présent adossé à un acteur bancaire. Nous lui souhaitons prospérité et longue vie, sans oublier bien sûr ce qu’il convient de revendiquer à présent dans presque tout secteur : responsabilité, transparence, etc…

Benoît


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