Enfin le premier forfait mobile complètement illimité en France !

Vendredi 20 mars 09

La bataille avait été lancée en 2008 aux Etats Unis par Verizon qui avait sorti en février le premier forfait mobile illimité 24/24 et 7/7 vers tous les opérateurs pour 99,99 $ HT /mois. Les concurrents Virgin Mobile et Sprint avaient suivi quelques mois plus tard avec des offres tarifaires encore plus agressives, certains allant même jusqu’à inclure les SMS illimités dans le forfait…

L'offre tout illimité de Bouygues Telecom

L'offre tout illimité de Bouygues Telecom

Un an plus tard, la bataille du tout illimité pourrait bien débuter en France. Et comme souvent, c’est Bouygues Telecom qui est le plus offensif en lançant cette semaine son forfait Neo Pro 24/24, la première offre en France permettant d’appeler en illimité depuis son mobile vers tous les opérateurs fixes et mobiles 24h/24 et 7j/7  (vers la France mais aussi vers l’Europe et l’Amerique du Nord, et incluant également les emails et l’Internet illimités). Pour l’instant, ce sont donc les clients Professionnels qui sont concernés par cette offre à 149 € HT /mois (pour une ligne souscrite, avec un tarif dégressif en cas de souscription multi-lignes). Mais le pavé est désormais lancé dans la marre, et nul doute que la concurrence va répliquer au moins dans un premier temps sur le marché des pros, mais que l’on se rapproche désormais de l’heure où le grand public pourra lui aussi bénéficier d’un forfait permettant d’appeler en illimité à n’importe quelle heure et vers n’importe quel opérateur. On peut penser que les opérateurs mobiles français se tirent une balle dans le pied en détruisant encore de la valeur sur leur propre marché, mais ils anticipent surtout  l’arrivée d’un nouveau concurrent avec la 4e licence 3G qui sera certainement très en rupture avec les pratiques actuelles du marché…

Pour lire le communiqué de presse de Bouygues Telecom : ici


Du crédit toxique au crédit responsable ?

Mardi 3 février 09
Logo le credit tue

Si Bercy avait retenu comme base de travail pour sa prochaine Loi sur le crédit à la consommation le projet rédigé par le sénateur Marini, nous aurions sans doute pu lire, demain, sur les dossiers d’offres de crédit renouvelable, ces messages alarmistes à l’instar de ceux que la Loi a imposés sur les paquets de cigarettes :
« Faire appel au crédit peut vous conduire à la faillite »
« Protégez votre famille, arrêtez de faire appel au crédit »

Le « crédit qui opprime »… Les termes utilisés par Philippe Marini dans l’introduction du projet de loi qu’il a déposé au Sénat le 13 novembre 2008, sont forts. Exagérés ? Ils dramatisent en tout cas une relation compliquée au crédit qu’entretiennent nombre de consommateurs. Le crédit est pourtant parfois présenté comme un droit. Certains ont même envisagé de revendiquer un droit « opposable », pour obliger les établissements financiers à prêter à ceux qui peuvent apparaître comme les moins solvables. Mais en même temps, les établissements financiers sont régulièrement montrés du doigt, comme étant les responsables du surendettement, quand l’accusation ne va pas carrément beaucoup plus loin. Schizophrénie ?
Nous sommes, en France, dans une culture de la culpabilité sur les questions d’argent et, singulièrement, sur l’emprunt. Si l’emprunt pour l’accès à la propriété est acceptable, et rarement mis en accusation, l’utilisation du crédit pour la consommation est très souvent mal considérée et même honteuse. Depuis quelques années, CETELEM, conscient du problème grandissant, a revendiqué une posture singulière : « le Crédit responsable ».

Le sénateur Marini met en accusation le crédit renouvelable. Présenté évidemment comme un des responsables du surendettement, il est mis aussi en exergue comme un des produits caractéristiques d’un « mal endettement », notion difficile à cerner mais qui caractériserait l’incompétence de nombre de ménages à gérer leur budget, incompétence naturellement sournoisement exploitée par les établissements de crédit. On peut même se demander si le sénateur et son équipe n’ont pas pris comme parti pris la toxicité du crédit, prétendant ainsi tirer une leçon indiscutable de la crise des subprimes aux Etats-Unis en 2007.

Le rapport qui sauve !
Heureusement pour les établissements de crédit, tel un cavalier surgi hors de la nuit, le consultant Athling s’est vu chargé par Bercy d’élaborer un rapport sur le crédit renouvelable. Il pourrait être jugé malicieux de rappeler qu’en dehors de Bercy, les clients d’Athling sont justement les établissements financiers, mais nous ne le ferons que pour souligner qu’il connaît très bien le sujet.
Si son rapport assume certaines orientations du projet Marini, on passe clairement d’un esprit de prohibition / coercition à un esprit de pédagogie, et de responsabilité bien comprise. Responsabilité de l’établissement de crédit, responsabilité du distributeur ou commerçant, et responsabilité évidemment du consommateur. Ceci confortera la posture et la signature de CETELEM.

18% de Taux effectif global, du vol ?
Curieusement, si les taux objectivement élevés de ces crédits (16% en moyenne hors assurance en 2007) font l’objet d’une protestation de fond, ils ne sont quasiment jamais expliqués, laissant entendre au consommateur qu’ils relèvent d’un abus absolu. Ce n’est pas si simple.
D’abord, convenons que les taux pratiqués par les banques pour les découverts sur compte courant sont également souvent très élevés, et parfois augmentés de commissions de découvert. Ensuite, il est peut-être utile de rappeler que le coût d’un crédit renouvelable pour l’établissement ne réside pas que dans le refinancement du montant utilisé. Le refinancement pour ce type de produit financier est en effet sensiblement plus complexe, puisque l’établissement s’engage vis-à-vis du client, à sa demande, à le financer à nouveau, à tout moment, dans la limite du plafond d’autorisation. Ce qui suppose qu’il se soit assuré auprès des partenaires bancaires qu’il pourra lui-même tirer sur de multiples lignes et sur des échéances diverses.
C’est justement cette complexité qui a posé un très sérieux problème en 2008 à COFIDIS, la crise des financements interbancaires ayant rendu très difficile l’appel au marché, et donc conduit COFIDIS à s’adosser au Crédit Mutuel. Alors même que l’établissement était un modèle de performance économique, le boulet n’est pas passé loin. Et voilà le dernier grand établissement de crédit jusque là indépendant, à présent adossé à un acteur bancaire. Nous lui souhaitons prospérité et longue vie, sans oublier bien sûr ce qu’il convient de revendiquer à présent dans presque tout secteur : responsabilité, transparence, etc…

Benoît


Livret A : tous les acteurs dans les starting-blocks

Vendredi 19 décembre 08

A partir du 1er janvier 2009, le Livret A, jusque là distribué uniquement par la Caisse d’Epargne, La Banque Postale et le Crédit Mutuel (Livret Bleu), sera distribué dans tous les établissements financiers qui en feront la demande auprès de l’Etat. A la veille de l’ouverture, faisons le point sur les stratégies des distributeurs…

 

Pourquoi un tel engouement ?

C’est le produit préféré des Français ! Dans le contexte de crise économique et financière de cette fin d’année, le Livret A bénéficie d’un regain d’attractivité : placement sans risque et défiscalisé, argent disponible à tout moment et bien rémunéré (4% actuellement, avant sa très probable révision à la baisse autour de 3%, le 1er février prochain), ce sont autant d’atouts qui en font un produit très avantageux, bien que plafonné à 15 300€.

 

Depuis le début de l’année, les résultats sont records en terme de collecte et d’ouvertures avec une accélération depuis septembre, favorisée par la conjoncture économique. Le Livret A fait même partie des mots qui rassurent selon une étude de Médiascopie. Avec plus de 50 millions de livrets A et un montant d’encours de près de 140 milliards d’euros début 2008, le Livret A suscite donc la convoitise des nouveaux entrants qui espèrent bien récupérer une part du gâteau…et c’est pour eux un excellent produit d’appel pour mener une offensive sur leur parc clients et auprès des prospects.

 

Comment les différents acteurs se préparent à cette bataille ?  

Du côté des distributeurs historiques, on anticipe l’ouverture avec une stratégie de défense offensive pour conserver les précieux livrets et collecter des encours supplémentaires. La crainte des distributeurs actuels concerne surtout les clients qui n’ont qu’un Livret A et pas de compte associé, et qui transféreront leurs Livret A auprès de leur banque principale, mais les intentions déclarées des clients restent peu lisibles.

 

Offres des distributeurs historiquesLa Banque Postale déclare son amour pour le Livret A avec sa campagne « I © LA » lancée dès début 2008, la Caisse d’Epargne séduit ses gros clients par une offre de services bancaires gratuits pendant 3 ans (club livret A) et s’adresse aux enfants (Livret A Kipouss). Le Crédit Mutuel n’est pas en reste avec une campagne tournée sur l’épargne et précise dans sa communication que son Livret Bleu, c’est le Livret A.
 
Offres des nouveaux distributeursDu côté des nouveaux distributeurs, c’est la course au plus offrant : les offres de pré-réservation sont légion avec des livrets d’attente proposant des rémunérations alignées sur le livret A ou boostées, des seuils de versement plus élevés. Ils déclinent le « A » sur toute la gamme dans leurs accroches commerciales : livret Atout Avenir, Avant-Première, Avantage, Autoroute, résA, Accès, etc.

 

Dans tous les cas, le dispositif est multiforme : relais en agence et sur internet, campagnes TV ou affichage dans la presse et les lieux publics, marketing one-to-one (communications ciblées sur les clients importants, campagne d’appels, etc.), mise en place de jeux concours et de promotions diverses (abondement, réductions tarifaires sur d’autres produits, etc.).

Autre point à noter, les enfants sont une cible privilégiée : c’est en effet un « produit d’accès » pour commencer très tôt la relation client et donc la fidélisation d’un futur client.

 

En cette fin d’année, l’intensification concurrentielle est maximale et les dernières offres et promotions sont dévoilées…reste à voir comment les réservations et demandes de transfert vont se transformer et les ouvertures de Livret A se poursuivre notamment quand le taux de rémunération aura baissé au 1er février…

 

Encore une preuve de la valeur ajoutée du marketing

La créativité suscitée par l’ouverture du Livret A montre qu’il est possible de construire une offre marketée même sur un produit de base comme le Livret A, de surcroît fortement réglementé, donc a priori sans marge de manœuvre « produit ».


Développer la valeur de l’offre

Lundi 21 juillet 08

Une marguerite pour créer de la valeur ?

Nous accompagnons souvent nos clients dans leurs réflexions pour développer la valeur de leurs offres. C’est un peu comme une marguerite, avec l’offre au coeur, et différents pétales qui sont autant de leviers possibles. Selon les cas, ces leviers permettent d’agir directement sur le prix : vendre plus cher, ou maintenir le niveau de prix malgré un environnement concurrentiel. Ils peuvent aussi servir à agir plus subtilement, en différenciation, de manière à faire préférer l’offre plutôt que celles des concurrents. Bien sûr, le nombre de pétales possibles à la marguerite n’est probablement limité que par l’imagination, et nous ne manquerons pas de signaler sur ce blog les exemples les plus intéressants.

En l’espèce, l’industrie du tabac nous donne une illustration remarquable par son ampleur et son ancienneté. Dans ce cas, il s’agit d’un dispositif visant à favoriser la préférence des clients : dès la fin du XIXème siècle, les fabricants américains ont commencé à insérer dans leurs paquets de cigarettes des photos de joueurs de baseball, initiant ainsi une nouvelle passion chez les collectionneurs. Le succès fut tel, que le “pétale”, au début simple attribut secondaire de l’offre, a donné naissance à un nouveau business de collectionneurs. Qui n’a pas, en ses jeunes années, collectionner les autocollants de footballeurs, pour compléter soigneusement son album Panini, et consacrer ses récréations aux échanges de cartes ? 

Etonnant de se dire que c’est un peu l’héritage d’une innovation marketing issue de la concurrence acharnée entre fabricants de tabac à la fin du XIXème…

Depuis, on ne compte plus les exemples de cadeaux qui ont été associés à un produit afin de générer une préférence client ou de vendre un peu plus cher. Bonux s’est lancée en 1958 sur ce principe. Nouvelle technologie oblige, la marque de Procter&Gamble est devenue aujourd’hui la lessive aux 1000 cadeaux en offrant à ses clients 1000 titres Universal à télécharger. Vous prendrez bien un peu de musique dans votre lessive ? Pour la presse, le petit cadeau (livre, CD ou DVD) joue un rôle non négligeable pour générer de nouveaux revenus ou augmenter la diffusion dans un contexte de plus en plus difficile. Ils représentent aujourd’hui un chiffre d’affaires additionnel de 100 millions d’euros par an : 22 millions pour le Monde, 20 à 30 millions pour le Figaro et une marge de l’ordre de 10% selon cet article. Pif Gadget maîtrisait déjà parfaitement le concept dès 1969.

Dans les exemples les plus emblématiques, il n’est pas rare que le cadeau, d’attribut secondaire de l’offre, en devienne l’une des caractéristiques principales. Outre les exemples de Pif Gadget ou de Bonux déjà cités, on pense naturellement à Kinder et sa surprise.

Mais quand le cadeau plus-produit se banalise, comment maintenir la différenciation promise face aux concurrents ? C’est ainsi que l’on voie certains combats concurrentiels se déplacer du coeur du produit à des attributs plus accessoires. Parmi les armes utilisées, l’acquisition de licences pour garantir des cadeaux exclusifs à fort pouvoir attractif : en 1996, McDonald’s signait avec Disney un accord exclusif de 10 ans pour garantir des cadeaux uniques à ses jeunes clients.

Pour en savoir plus :
- la rubrique Baseball Card de Wikipédia
- une petite histoire des Baseball Card
- le site des collectionneurs
- petite histoire de la lessive Bonux
- Pif Gadget sur Wikipédia