Salut Jeff

Vendredi 29 janvier 10

 

Jean-François Joniot était un type bien.

Il est parti dans la nuit du jeudi 28 janvier, après s’être battu des années contre cette saleté de cancer.

Son humour, sa joie et son énergie à vivre étaient un bonheur à partager lors de nos trop rares rencontres ces dernières années.

Pourquoi l’évoquer sur ce blog ? Tout simplement parce que Jeff avait suivi avec bienveillance la création et le développement de VERTONE. Depuis sa fonction de Directeur de l’Organisation de Generali au début, puis comme confrère après qu’il eut rejoint Kea & Partners. Il avait même évoqué plusieurs fois la pertinence d’un rapprochement entre nos deux cabinets, considérant qu’il y aurait de vraies complémentarités à jouer.

Jean-François m’aura apporté beaucoup, en particulier quand nous étions ensemble chez Bossard. Le métier de conseil est parfois difficile et fatiguant. Lui savait aider les uns et les autres à prendre du recul, avec un mélange de profondeur et d’humour toujours étonnant et bienvenu.

Avec Jeff, le management c’était aussi une histoire d’amour, même s’il était sans pitié pour la mauvaise foi et la médiocrité. « Les consultants, il faut les aimer », disait-il. Ils en ont besoin pour progresser et se motiver. Et il trouvait toujours de bonnes raisons de les aimer avec leurs particularités, leurs forces et leurs fragilités.

La Stratégie de la Bienveillance, nous essayons régulièrement de l’appliquer, Jean-François l’avait incarné.

Benoît Tesson
29 janvier 2010


Commerce électronique et moyens de paiement : Quel sera le rôle du mobile dans le commerce électronique ?

Lundi 25 janvier 10

VERTONE a assisté à la conférence de l’EBG sur le rôle du mobile dans le commerce électronique. Etaient représentés :

  • Les banques, acteurs traditionnels des moyens de paiement par le LCL.
  • Les opérateurs de téléphonie mobile, acteurs de paiement mobile depuis l’apparition du SMS+ au début des années 2000, par Bouygues télécom, qui s’est défendu de parler au nom de ses concurrents.
  • Les éditeurs et distributeurs de contenus étaient par Cellfish, leader sur son marché.
  • Jitex, cabinet de conseil en veille stratégique et technologique qui apportait un éclairage sur les pratiques à l’étranger, notamment au Japon.

Une occasion de faire le point sur ce marché en constante évolution dont Vertone a accompagné certains acteurs à plusieurs reprises.

  • Les débuts du paiement sur mobile

Tout a commencé avec…Loft Story, lorsque M6 a demandé aux opérateurs mobiles de mettre en place une plateforme de vote par SMS pour la première édition de téléréalité. Les principaux enseignements furent :

  1. La découverte du business potentiel en surtaxant les SMS
  2. La confirmation de l’intérêt de coopérer entre opérateurs pour proposer des services de paiement harmonisés.

Ensuite, l’apparition du wap s’est accompagnée de la mise au point de Gallery.

  • Le paiement sur mobile aujourd’hui

Le pionnier des services, SMS+ reste leader : il générait en 2008 un chiffre d’affaire de 261m€. La  croissance en 2009 devrait être de 4-5% seulement, dû entre autre à l’effritement du succès de la téléréalité. D’où la nécessité de trouver d’autres applications au service.

Gallery joue à ce titre un rôle essentiel de relais de croissance : il générait en 2008 un chiffre d’affaire de 44m€, en croissance de 16-17% en 2009. Le marché du gaming en est un exemple :  tamagotchi à nourrir, vente d’items pour World of Warcraft…. Il est vrai que Gallery possède des atouts indéniables : l’utilisateurs n’a pas besoin d’ouvrir un compte et il est authentifié par l’opérateur mobile : le paiement est garanti pour l’éditeur et débité directement sur la facture de téléphonie mobile ! Enfin, l’acheteur n’est pas toujours le payeur, ce qui libère la consommation.

Cependant, il est parfois critiqué par les éditeurs à cause des 30% prélevés par les opérateurs mobiles sur ces paiements. Ces derniers rétorqueront que le service fourni ne se limite pas à une simple prestation de paiement puisqu’il y  aussi mise en relation, présentation et délivrance du produit via le réseau. Par ailleurs, Gallery connaît deux limites structurelles : la restriction aux produits numériques, consommables sur un support numérique et la limitation à des paiements de faibles montants.

Le Porte Monnaie Electronique Mobile (MPME) bientôt commercialisé et permettant la vente de produits numériques sur Internet, sans restriction de montants, pourrait être une réponse. La levée de ce verrou est très attendue par les éditeurs, un peu moins par les opérateurs craignant une augmentation significative de la facture de téléphonie mobile et des arbitrages qui pourraient en résulter : Pas question de cannibaliser la téléphonie, elle présente une marge plus élevée ! Enfin, les clients mécontents d’un contenu non livré pourraient se transformer en impayés télécom. En définitive, l’arme stratégique dans la relation client qu’est la facture télécom est jalousement défendue.

Qu’en est-il de la levée du deuxième verrou, à savoir le paiement de produits autres que numérique ?

  • Prochaine étape : Le paiement de produits physiques grâce au mobile ?

            Tous les opérateurs en Europe y réfléchissent et certains ont déjà lancés des offres en Belgique, en Allemagne et en Autriche. Sans parler du Japon. Bouygues télécom affirme qu’il est beaucoup trop tôt pour faire des projections. La transposition en droit français de la directive européenne sur les services de paiement n’est bien sûr pas passée inaperçue : elle a été pensée pour inciter les opérateurs mobiles à aller sur le marché des paiements. A contrario, un contre-signal vient d’être envoyé par le conseil de la concurrence français : en décembre 2009,  il s’est autosaisit au sujet des pratiques cross-selling des opérateurs mobiles sur le marché de l’ADSL.

De l’autre côté, les banques dont c’est le cœur de métier observent les évolutions récentes. Elles sont complètement absentes du micro-paiement et aimeraient donc jouer un rôle dans le futur sur le paiement de proximité ou à distance. Ne serait-ce que pour se défendre vis-à-vis de Google Checkout, Paypal ou Amazon Payments qui pour l’instant s’appuient sur la CB mais qui pourraient un jour s’en passer.

Cependant, ce sont les opérateurs qui gardent la main sur les deux grandes voies de développement du commerce électronique via le mobile, le m-commerce, version sur mobile du e-commerce et le NFC.

Réduire le m-commerce à une copie du e-commerce sur le petit écran du téléphone mobile est d’ailleurs une erreur à ne pas commettre. Bouygues Télécom souligne à juste titre que si c’est pour proposer la même chose, avec une expérience client dégradée à cause de la taille de l’écran, les consommateurs attendront d’être arrivés au bureau ou chez eux pour acheter en ligne sur un vrai PC ! Ainsi, le marché reste à inventer, non pas en remplacement du e-commerce mais en complément, en s’en différenciant. Pour décoller, le m-commerce devra donc capitaliser sur ses atouts que sont la mobilité et l’instantanéité. Cellfish prend pour exemple le succès des enchères sur eBay réalisées à l’instant fatidique grâce au téléphone, aux applications en ticketing pour la SNCF ou encore à la possibilité de diffuser des vidéos de démonstrations en teasing d’un produit.

L’arrivée de l’iPhone devrait donner un coup de fouet à l’émergence du m-commerce. D’autant que les opérateurs ont mis à disposition les forfaits data nécessaires et les réseaux ad hoc. Signe de l’attente des consommateurs, le surf sur smartphone progresse de 30% par mois. Reste la question du contenu proposé par les éditeurs. Une des raisons de leur frilosité est la part des commissions prélevées par Apple pour une application iPhone. Certes, il est possible de créer un site pour Internet mobile sans passer par une application iPhone mais le caractère « push » du surf sur mobile y encourage fortement. L’autre frein au décollage vient des acteurs du e-commerce qui considèrent qu’il y a encore beaucoup de chose à faire sur Internet classique avant de se lancer sur un Internet mobile plus hasardeux.

            L’alternative principale, le paiement sans contact (Near Field Contact, NFC) consiste à dématérialiser les cartes utilisées au quotidien (CB, transport, carte de fidélités…) dans la carte SIM du mobile. Longtemps attendue, une expérimentation à Nice est enfin prévue en 2010, pour un lancement mass-market en 2011 ! La technologie est aujourd’hui mature, reste à déterminer le partage de la valeur puisque banques, opérateurs mobiles et émetteurs de cartes veulent chacun prendre une marge de 30%. De plus, les banques craignent que l’ajout d’un moyen de paiement se traduise pour elles par un accroissement de la complexité des process.

Côté avantage, le fournisseur de service réalise un gain de productivité important et une économie par rapport au support physique. La grande distribution semble intéressée, notamment Intermarché qui a quasiment fini le déploiement. Selon les estimations, 3 secondes gagnées sur un paiement permettent de supprimer 3 lignes de caisse !

Chez les consommateurs, les enquêtes menées par Payer Mobile donnent des taux de satisfaction de 95%. La simplification des opérations, le gain de temps et la possibilité d’avoir tout avec soi (ce qui n’est pas toujours le cas des cartes de fidélisation) sont les principaux bénéfices perçus

En conclusion, le commerce électronique en est à une étape cruciale de son développement : Les offres initiales que sont SMS+ et Gallery arrivent à maturité tandis que les relais de croissance sont encore à déterminer. Simple évolution de Gallery avec MPME ? Rupture totale et révolution au quotidien avec le NFC ? A moins que l’arrivée de l’iPhone impose le commerce sur Internet mobile comme nouvel eldorado… Affaire à suivre.

Liste des intervenants :

LCL – Grégory Chenue, Marketing Banque en ligne

CELLPASS – Nicolas d’Hueppe, Directeur général

BOUYGUES TELECOM – Bruno Prexl, Business Development Manager 

JITEX – Eric Cissé, Consultant 

G. Gras


VERTONE sur France 5

Lundi 11 janvier 10

Muriel Arnould, Senior Manager VERTONE, a été interviewée par les journalistes de l’émission ‘Médias, le magazine’ sur France 5 (diffusée le dimanche 10 janvier) dans le cadre d’un reportage sur l’évolution de l’attractivité de TF1. Visionnez l’émission sur le site de france 5 (le reportage débute à la minute 36:30) : la vidéo de l’émission


Hommage à un Visionnaire : Yves Rocher

Mercredi 30 décembre 09

Yves Rocher est mort la semaine dernière et cette nouvelle a été ressentie par la population française de manière très affective. Comme si cet entrepreneur breton que personne ne connaissait vraiment faisait néanmoins partie de notre quotidien. Une française sur trois consomme  des produits Yves Rocher, presque incroyable !  Comme d’autres grands créateurs,  Citroën,  Michelin, Guerlain etc. , Yves Rocher a donné son nom à sa marque et c’est bien la marque qui nous est familière.  Le groupe, présent dans une trentaine de pays, réalise aujourd’hui un chiffre d’affaires de 2 milliards d’euros et emploie plus de 15 000 personnes.

Bon commercial, certes, paternaliste, surement, mais en tant qu’observateur des pratiques marketing, nous retenons surtout le visionnaire. Dés le démarrage, il y a 50 ans (!), il choisit l’environnement comme axe principal de sa stratégie produit. Son leitmotiv : assurer la beauté des femmes par les plantes en refusant les produits de synthèse. Il construit toute sa différenciation sur la « cosmétique végétale » alliant recherche et mise en pratique au quotidien (agriculture biologique, démarche éco-citoyenne). C’est presque banal aujourd’hui, mais à l’époque c’était tout à fait révolutionnaire et du coup, l’avance prise par le groupe dans ces domaines est considérable.  

L’autre vision, moins reconnue mais tout aussi réelle, tient au choix initial de ses méthodes de ventes. Ce n’est pas tant la vente par correspondance qui constitue une vision mais son exécution,  «  à la Yves Rocher », mélange d’empathie sincère vis-à-vis de la cliente et d’accompagnement enveloppant  jusqu’au bon de commande… un régal pour les puristes ! Au-delà de l’image caricaturale, il faut reconnaître à la Marque un talent certain dans la prise en compte des attentes et une vraie considération pour ses clientes.  Si l’internet avait existé au lancement de la Marque, il aurait été un précurseur et un leader du e-commerce. Ses successeurs  devront faire évoluer le modèle…souhaitons leurs d’être à leur tour d’excellents visionnaires.

Xavier D


Le test : arme fatale contre la machine à dire non !

Jeudi 10 décembre 09

Le test en marketing direct est culturel et systématique. Méthode jugée indispensable et donc largement pratiquée par les pros….et dans les règles de l’art. On ne teste qu’un paramètre à la fois. On s’assure de la représentativité des échantillons. On élimine par avance tout biais pouvant nuire à la lisibilité des résultats et enfin, on ne change pas un cheveu au test quand il est généralisé pour être sûr d’avoir exactement le même taux de retour. Dans les écoles de Marketing Direct comme Yves Rocher, par exemple, le budget dédié aux tests est planifié. Il représente un pourcentage élevé du budget global (environ 20%). Cet investissement est le prix à payer pour avoir de la visibilité assurée sur les 80% restant. Les tests sont en effet d’une telle fiabilité que les résultats sont anticipables presque un an à l’avance. Heureux temps ! 

A l’opposé de ces pratiques rigoureuses, les néophytes qui ne testent rien. Faute de temps, de besoin, de budget, le test n’est pas jugé pertinent. Chez les opérateurs mobiles, comme SFR, dans les années « conquête de l’ouest », l’idée même de faire un test avant généralisation paraissait incongrue. Et à juste titre. « On va pas s’embêter à tester, on n’a pas le temps d’analyser les résultats et de toutes façons les conditions de la généralisations seront différentes! » pouvait-on entendre à l’époque. En effet la rapidité d’action était bien plus importante que la capacité à sécuriser un taux de retour…  

Alors, qui a raison ?  Les deux bien entendu. Le test est un moyen de sécuriser le risque. Donc à quoi sert de faire un test si le risque est absent ? A l’inverse, comment peut-on se permettre le moindre risque sur le CA quand on est objectivé fortement sur les performances commerciales des opérations de VAD.

A quoi servent les tests aujourd’hui ?

Plutôt que de test, parlons de processus d’expérimentation. Il y a trois catégories de raisons qui favorisent leur développement  aujourd’hui.

La première raison, historique, est défendue par ceux  qui considèrent le test comme un « Processus d’amélioration permanente ».  C’est le cas des pros du MD. L’habitude aidant, les tests se multiplient. Les capacités de test s’épuisent (pas assez de clients pour mener tous les tests souhaités) et surtout, plus assez de cerveau disponible pour analyser les résultats… je veux dire temps de statisticien ou de chef de projet. Le problème, ici, c’est plutôt l’abondance de tests. D’où l’apparition de nouvelles méthode comme les « laboratoires » dont le principe est de créer des environnement dédiés permettant de mener de vraies politique de recherches sur des périodes plus longues.

Deuxième raison vient du fait que l’expérimentation est devenue indispensable avant tout lancement d’un produit, d’un service, ou même d’un processus. Pilotes, Beta, FUT (Friendly Users Tests)  autant de termes pour dire la même chose. Dans des secteurs où la création d’offre est très développée, ces processus se généralisent. Là, le risque est dans l’improvisation. En effet il faut s’assurer que les conditions du test soient scientifiquement acceptables pour que les résultats soient fiables. On n’est pas à l’abri d’un biais majeur venant remettre en cause toute l’expérimentation. J’ai eu l’occasion, par exemple de travailler sur un programme de fidélisation. Pour en mesurer l’impact, nous avions prévu de mettre en place un échantillon témoin, non exposé au programme. Après 6 mois, au moment d’analyser les premiers résultats…l’échantillon s’avère incorrect, si bien qu’aucun résultat n’est jugé fiable. 6 mois perdu, irrattrapable. Le programme n’y a pas survécu.

Enfin, dernière catégorie, mais pas des moindres : le test vu comme un moyen de contrer la « machine à dire non ». Que ce soit dans les organisations juridique, informatique, commerciale, règlementaire, financière…il y a malheureusement souvent plus de gens pour dire non que pour encourager un projet, une idée, une innovation. Cette « machine à dire non » dans les entreprises est partout et multiforme. Les « entrepreneurs internes » sont donc souvent contraints de ne proposer qu’un test à la place d’un lancement « en grand ». Frustrant, certes, mais indispensable si on veut avoir une chance quand même.  C’est même à l’avenir un processus à généraliser (si j’ose dire…) face à des Directions de plus en plus frileuses devant le moindre risque. « Vous avez le droit de ne pas y croire, mais laissez-moi au moins le droit d’essayer, de toutes façon vous ne prenez aucun risque ! ». N’est-ce pas finalement un excellent argumentaire de vente ? 

Encore une fois se révèleront dans cet exercice les habitués du test que sont le professionnels du MD… qui est un métier d’avenir à bien des égards.

Xavier D

Article publié dans Marketing Direct


La personnalisation : la solution pour augmenter l’impact des campagnes emailings ?

Vendredi 4 décembre 09

 

L’email est devenu en quelques années un outil incontournable de la communication des entreprises auprès de leurs consommateurs : 86% d’entre elles l’utilisent aujourd’hui(1). Peu coûteux, plus souple que le courrier… il est aussi plus acceptable du point de vue du consommateur ; celui-ci donne plus facilement son adresse email que son numéro de téléphone. Mais ce succès a son revers : saturation des boîtes mails, sentiment d’invasion des internautes (58% d’entre eux estiment qu’ils reçoivent trop d’emails publicitaires(2)) et diminution de l’impact des campagnes. Comment donc émerger dans ce contexte et garantir des niveaux d’impacts satisfaisants pour les campagnes emailings?

 

Une pression emailing trop intensive

L’engouement pour l’email s’est traduit, pour beaucoup d’entreprises, par un relâchement du pilotage de la pression commerciale. En moyenne un internaute reçoit 4 emails publicitaires par mois et par annonceur(1) et cela peut aller jusqu’à plusieurs emails par semaine. Au regard de son faible coût, pourquoi s’en priver ?

Dans les faits, ces envois massifs d’emails sont souvent des repoussoirs pour les consommateurs. Plus un internaute reçoit de messages d’un même annonceur, moins il les ouvre(3). Face à une pression trop intensive, les internautes développent ainsi leur moyens de défense : 42% d’entre eux classent les messages qui ne les concernent pas en courrier indésirable(1), d’autres se désabonnent aux newsletters par simple réflexe de purge même s’ils sont fidèles à la marque(4)… Outre les effets négatifs sur l’image de l’annonceur, la surpression a un impact direct sur les performances des campagnes emailings (baisse de 80% des taux de réponse aux emails au cours des dix dernières années(1))

Vers une communication plus personnalisée

Les entreprises ont donc cherché des solutions pour enrayer cette baisse de performance. La personnalisation des emails s’est vite imposée comme un des remèdes possibles : le taux d’ouverture d’un email personnalisé est de 32% tandis qu’il est de 28% pour un email sans personnalisation(5). Le taux de clic passe quant à lui de 6.1% à 8.2%(5).

La personnalisation ne consiste pas seulement à indiquer les nom et prénom du destinataire dans le corps de l’email. L’attente des internautes va bien au-delà : c’est vers la communication one to few a minima, voire one to one, que les entreprises doivent se tourner pour émerger et satisfaire les attentes de leurs clients. En la matière, certaines initiatives nous semblent particulièrement intéressantes.

  • La FNAC met en avant dans ses e-newsletters des produits et même des titres (livres, CD, DVD…) qui correspondent aux achats habituels de son client. Cette personnalisation est ici associée à une information générique sur les nouveautés de la FNAC.
  • Le parisien.fr laisse la main à ses clients : lors de son inscription à l’e-newsletter, l’internaute peut choisir les sujets qu’il souhaite voir traités (actualité politique, économique, sportive…) et la fréquence de sollicitation.

   

Une solution exigeante qui doit être adaptée à chaque situation

La personnalisation des emails est séduisante pour une entreprise… mais exigeante. L’internaute pardonnera plus facilement à une marque une communication générique qu’un mail personnalisé mais décalé. Par exemple, après avoir précisé à un distributeur spécialisé, que son sport favori est le vélo, l’internaute qui reçoit des offres sur des planches à voile sera au mieux in-intéressé…au pire très agacé. Une personnalisation incohérente peut ainsi être contre productive pour les marques. Il ne peut donc y avoir de personnalisation sans qualification solide de la base client. Si celle-ci doit passer par Internet, comme pour 53% des entreprises (1), il semble risqué de n’appuyer la connaissance client que sur ce seul canal. Un croisement avec les comportements offline permet ainsi de consolider les bases, d’optimiser leur fiabilité et d’accroître l’efficacité des actions.

La personnalisation doit par ailleurs s’appuyer sur des outils fiables et adaptés. En ce domaine, le choix dépend des ressources internes de l’entreprise et du volume de consommateurs à contacter. Il peut être moins rentable de personnaliser ses emails que d’optimiser sa segmentation. En effet la mise en place d’une personnalisation fine des emailings peut être chronophage pour les équipes et nécessiter de lourds investissements informatiques en amont. Si cette solution permet d’optimiser les taux d’ouverture et les taux de clics des campagnes d’emailings, c’est donc parfois aux dépens de leur ROI global, intégrant l’ensemble des coûts afférents. Tout est une question d’arbitrage…

La personnalisation n’est donc pas, loin s’en faut, la solution universelle. Mais elle a au moins deux mérites : celui de poser aux entreprises la question de la maîtrise de leur communication emailing, et celui de remettre le client, dans toute sa diversité, au coeur de la communication relationnelle et commerciale des marques.

(1) Communiquez, ciblez, vendez !!!, Informations Entreprises, Juill/Août 09
(2) Benchmark e-mail marketing, Experian Cheetahmail, S2 2009
(3) E-mailings : comment gérer la pression ?, e-marketing.fr, 01/04/08
(4) Le web de demain, bien utiliser l’e-mailing professionnel, Journal des Professionnels, Sept/Oct 09
(5) 5 clés pour personnaliser ses newsletter, Journal du Net, 03/05/07


Les programmes de fidélité en GSA : standardisés et cloisonnés

Mercredi 25 novembre 09

Si à l’aulne du poids qu’ils représentent dans les transactions et le CA des enseignes, les programmes de fidélité des distributeurs français sont un succès, les marges de progression restent importantes pour en faire de véritables programmes relationnels ouverts sur l’ensemble de l’activité du distributeur.

Jusqu’à 75% du CA généré par les porteurs de carte

Les programmes de fidélité sont légion dans la grande distribution : tous les distributeurs alimentaires, la plupart des acteurs de la distribution spécialisée, ont leur carte de fidélité.

Et pour cause : sans ces cartes, les distributeurs sont aveugles ! En permettant de reconstituer les historiques d’achats, elles sont le seul moyen de connaître les clients, avec leurs habitudes de visite et de consommation.

Ainsi, le distributeur doit inciter ses clients à prendre une carte de fidélité puis, surtout, à l’utiliser. A ce titre, après plusieurs années d’existence, les résultats sont flatteurs : les porteurs de ces cartes de fidélité, gratuites en général, génèrent jusqu’à 75% du CA des enseignes. En comparaison, le coût des avantages accordés est limité : de 0,5% à 1% du CA HT…

Le cash back, formule à succès

Alors que 80% des programmes de fidélisation en France sont basés sur une mécanique à points (étude VERTONE, juin 2009), la GSA s’est orientée vers le cash back : à chaque achat, le porteur de carte cumule des réductions sur son compte fidélité, sous forme de points ou d’euros ; le total des réductions cumulées lui est ensuite versé sous forme de chèque ou de réduction en caisse, à échéance fixe ou une fois un seuil minimum atteint.

Cette mécanique présente un double intérêt. D’une part, simple à comprendre et à utiliser, elle incite les clients à systématiser l’utilisation de leur carte fidélité. D’autre part, elle fournit un nouveau levier d’action sur le pouvoir d’achat, au-delà des leviers traditionnels que sont le prix et la promotion.

Si, grâce au cash back, les programmes semblent atteindre leur objectif premier – la connaissance des clients – les marges de progression restent importantes pour tirer encore plus de profits de la fidélisation.

Une relation client standardisée

En effet, les programmes de fidélisation de la grande distribution apportent une relation client standardisée : les seules différenciations sont apportées par les services réservés aux porteurs de cartes de paiement. Les mécaniques permettant de construire une relation affinitaire sont d’autant plus rares que des dispositifs trop sophistiqués pourraient impacter la perception des prix.

Pourtant, les opérations ciblées permettent de développer le CA dans une vision long terme, en créant une relation entre la marque et ses clients. Certaines enseignes développent des clubs de clientèle (club Bébé, Famille, …) qui permettent de créer un lien entre la marque et ses meilleurs clients ; pour ne pas impacter l’image prix, ces clubs ne sont pas un simple canal de communication de l’enseigne, mais apportent de vrais services et informations aux clients.

Mais en période de crise, ces dispositifs sont bien souvent sacrifiés à des impératifs beaucoup plus court terme : tout l’enjeu des distributeurs consiste à optimiser l’image prix  en privilégiant les efforts sur les prix et les promos.

Des programmes cloisonnés

Par ailleurs, les synergies avec les services internes de l’enseigne (assurance, voyage, essence) sont encore rares : Carrefour ou Auchan, par exemple, ne donnent aucun avantage fidélité lors de souscription à ce type de service, ni ne permettent d’utiliser ses avantages fidélité pour y souscrire. Et en dehors de S’Miles (Casino/Monoprix), les programmes limitent les partenariats externes a des offres de réduction ponctuelle (abonnements magazines notamment).

A l’inverse, Tesco a enrichi son programme Clubcard de nombreux partenariats : cumul et utilisation dans l’ensemble des activités de Tesco, et chez les partenaires avec les « Clubcard rewards », des offres qui permettent de multiplier la valeur des avantages cumulés par 2 ou 4.

Même les cybermarchés sont pour la plupart exclus des programmes. Et plus généralement, l’exploitation du canal internet est encore très limitée : seule la moitié des enseignes permettent de consulter le solde de points/euros sur internet par exemple. L’email est un canal de communication marginal : le courrier papier et surtout le coupon en caisse restent les moyens de contact privilégiés avec le client.

Une exploitation limitée des données client

Enfin, l’utilisation même de la connaissance client issue des programmes est encore limitée au ciblage comportemental. Il est en effet complexe de tirer tous les enseignements marketing de la masse de données fournies par les cartes de fidélité. A l’image de Tesco au Royaume-Uni, certains distributeurs français s’associent avec des sociétés d’analyses spécialisées pour aller au-delà de l’exploitation actuelle des bases de données clients. Néanmoins, l’exploitation des conclusions de ces analyses nécessitera un long travail de conduite du changement sur des processus clés du distributeur : politique de prix et assortiment produits. 


Le numérique en forte progression dans les foyers, favorisé par la présence d’enfants

Mercredi 18 novembre 09

Au cours de ces dernières années, les investissements numériques dans le système éducatif, tant public que privé, ont été importants de la part de l’État et des collectivités territoriales (infrastructures, réseaux, ordinateurs, services, contenus, formations, etc…). Le raccordement en haut débit des établissements scolaires tout comme l’équipement en matériel informatique ou les outils pédagogiques multimédia sont des priorités pour les collectivités territoriales et le ministère de l’Éducation nationale.

Les familles ont accompagné ce mouvement. La présence d’enfants au sein des foyers est en effet un levier majeur de la diffusion d’Internet au sein des ménages.

Quelques chiffres permettent de mettre en perspectives l’état de l’équipement et des usages TIC de la population française en 2008 (sources : Arcep / Crédoc 2008 / Médiamétrie comparatif 2007-2008) :

En termes d’équipements :

  • Plus de 2/3 de la population est équipée d’un ordinateur
  • La présence d’enfants joue : à fin 2008, 56,5% des foyers sans enfant sont équipés en ordinateurs contre 90,8% des foyers lorsque un ou des enfant de moins de 15 ans y sont présents. Le taux d’équipements des foyers avec enfant(s) a augmenté de près de 7% (83,6%) entre fin 2007 et fin 2008.

En termes d’accès Internet :

  • Presque 27 millions de Français de 18 ans et plus sont connectés à Internet à leur domicile
  • La présence d’enfants modifie le comportement des ménages et l’accès à Internet : 49,8% des foyers sans enfants ont accès à Internet contre 83,1% des foyers avec présence d’enfants de moins de 15 ans. Le taux d’accès à Internet des foyers avec enfants a augmenté de près de 12% (71,6%) entre fin 2007 et fin 2008
  • 96% des connexions à Internet des particuliers sont à haut débit (dont 95% par ADSL)

L’accès et l’usage des TIC par les jeunes (12-17 ans) : l’émergence d’une population de « digital natives » :

  • 92% disposent d’un ordinateur à domicile (37% ont en plusieurs)
  • 85% disposent d’accès à un ordinateur sur le lieu d’études
  • 20% se sont connectés à Internet depuis un lieu public

Parmi les jeunes disposant d’un ordinateur à domicile :

  • 72% l’utilisent tous les jours (20% une à deux fois par semaine)
  • 64% ont effectué du travail à domicile, ces 12 derniers mois
  • 53% ont créé un blog ou un site personnel, dans les 12 derniers mois

Bien que l’équipement des familles soit en nette progression, la mise à disposition de services numériques dans les collèges et les lycées pose aux collectivités territoriales la question de l’égalité d’accès pour tous.

Certaines collectivités mettent ainsi en place des politiques d’équipement, de prix d’accès Internet négociés pour les familles en difficulté, d’autres réfléchissent à d’autres points d’accès (ouverture des établissements scolaires aux parents, ouvertures d’espaces publics numériques avec accompagnement à l’usage informatique).


Le livre numérique : quelle ergonomie, quel marché, quels modèles économiques ?

Mardi 10 novembre 09

Livre numériqueVERTONE a assisté à la conférence de l’EBG sur le livre numérique ayant eu lieu en Octobre 2009. Tous les acteurs potentiels de la future chaîne de valeur étaient réunis : Sony et Booken comme constructeurs, Editis pour les éditeurs, Milibris comme créateur d’interface, la FNAC et SFR comme distributeurs et enfin  GfK pour sa vision du marché.

Le plan du compte rendu suit naturellement la chaîne de valeur, du hardware au client.

Petit point de vocabulaire : bien distinguer le hardware, support de lecture aussi appelé livre électronique, reader ou ebook, du livre numérique, document lu sur le reader.

  • Le livre électronique
    Acteurs : Sony, Booken, Amazon Kindle (US uniquement), constructeurs de smartphone

Le premier livre électronique, apparu vers 2000, était lourd et encombrant. Aujourd’hui on peut lire :

  1. Sur son smartphone, ce qui permet aux opérateurs mobiles d’envisager d’être distributeurs de contenus. L’application gratuite sur iPhone a été téléchargée massivement. Cependant le confort de lecture et l’autonomie constituent encore des freins importants
  2. Sur livre électronique. La technologie phare est l’encre électronique (eInk) qui permet d’être lue sous tous les angles et au soleil à la différence d’un écran d’ordinateur. Par ailleurs, la consommation est nulle en dehors des changements de page : autonomie de batterie de l’ordre de 3 semaines ! Certains écrans sont tactiles, avec possibilité de surligner, annoter le texte (cela offre beaucoup de possibilités en terme d’interactivité). D’autres, plus rudimentaires, doivent être connectés pour charger les contenus et la batterie. La majorité des testeurs trouvent la lecture simple, accessible et aussi confortable que sur papier. La plupart des fabricants ont adopté une politique « d’ouverture » c’est-à-dire de compatibilité des formats pour que les lecteurs puissent conserver leur bibliothèque même s’ils  changent de support.                                          

=> Tout cela est capital quand on pense à l’impact qu’ont eu les terminaux sur le développement du marché de la musique mobile. L’arrivée de nouveaux terminaux (Samsung, Asus) est très attendue.

  • Le contenu
    Acteurs : les éditeurs classiques, la presse, les créateurs de contenu dédié

Aujourd’hui, 10 000 livres (romans, œuvres classiques) seraient disponibles en français (40 000 en anglais) ce qui est assez peu. En revanche, une part plus importante (jusqu’à 50%) de parutions professionnelles et éducatives serait déjà disponible en numérique.

Les éditeurs font beaucoup d’efforts pour s’adapter mais ont besoin de temps car ils doivent revoir entièrement leur modèle économique. Cependant, ils savent parfaitement qu’ils peuvent bénéficier grandement de cette évolution par exemple en entrant en contact avec leurs lecteurs (connaissance client, besoins, modes de consommations…).
Les autres acteurs les pressent et craignent que la piraterie se développe en attendant.

SFR se place aussi sur le contenu avec une expérience dans la BD (pertinence du format « case » pour un écran de téléphone) et a testé avec des auteurs la création d’un contenu dédié : un roman feuilleton de 80 chapitres a déjà été publié, payable à l’épisode.

Au sein de la chaîne de valeur, les fournisseurs de contenus pourraient percevoir entre 35 et 55% du prix de vente.

  • Les intermédiaires
    Acteur présent : Milibris

Leur rôle est de faire le lien entre les éditeurs qui contrôlent le contenu et les diffuseurs qui ont un accès privilégié au marché, en créant des logiciels qui mettent à disposition le contenu et le rendent exploitable. Selon Milibris, pour toucher un public de masse (condition sine qua non pour être rentable) il faut « faire du beautiful » pour retrouver le plaisir de lire. L’accent est donc mis sur l’interface, la continuité de lecture d’un support à l’autre (ex : garder l’apparence d’un journal pour pouvoir le lire sur son eBook et continuer sur son ordinateur au bureau en retrouvant immédiatement la page en cours de lecture) et la facilité à atteindre un chapitre, une rubrique…

Les intermédiaires pourraient toucher entre 8 et 20% du prix de vente.

  • Distributeurs et diffuseurs
    Acteurs : Opérateurs mobile, Amazon, fnac.com, Google peut-être…

Par analogie avec ce qu’il s’est passé pour la musique, on peut penser qu’en Europe les distributeurs auront un rôle prépondérant alors qu’aux US ce sont les fabricants de device/hardware qui mènent le jeu (comme Apple pour la musique numérique). SFR était donc présent au salon du livre et a déjà mené des tests auprès d’utilisateurs. La Fnac revendique aujourd’hui 40 000 téléchargements par an dont un quart de gratuits.

Des modes de paiement innovants sont à l’étude : les utilisateurs peuvent payer à l’acte (au livre, voire au chapitre) ou en abonnement mensuel.

  • Les clients

D’après les études réalisées, les clients grand public actuels sont majoritairement des gros lecteurs qui n’ont plus la place dans leur bibliothèque pour stocker du papier, et des technophiles (pour le plaisir de lire son Cosmo en numérique dans le métro). Enfin les universitaires téléchargent des articles numériques.
Les livres achetés sont pour l’instant des romans policiers, des grands auteurs et de la littérature féminine (Arlequin). La moyenne d’âge du client est plus élevée que pour la musique numérique (40 ans).

Quelques chiffres issus des études et expérimentations menées par les acteurs présents :

- La satisfaction des utilisateurs atteint 73% chez SFR avec 40% prêts à acheter, en abonnement ou à l’acte.
- 60% des utilisateurs de la Fnac pensent qu’il se substituera complètement au papier à terme.
- Selon Gfk, 30% du public est prêt à acheter un reader et 13% un livre numérique.
- Les clients attendent une baisse de prix par rapport au papier de 30 à 50% (SFR), 30 à 35% (Fnac).
- Selon Gfk, ils ne sont prêts à payer que 6€ alors qu’un livre papier en coûte 14 !
- Mais en moyenne, la Fnac constate qu’elle vend 4 livres/an à ceux qui sont équipés d’un reader, à raison de 11 € par titre.

En conclusion, le marché va probablement se développer avec les progrès des readers (attente envers les fabricants) et du contenu (attente envers les éditeurs). Chacun cherche à se positionner et à savoir quelle rentabilité aura ce marché. Des nouveaux entrants sont à attendre, notamment Google qui a commencé son projet de numérisation de l’ensemble des bibliothèques américaines (procès en cours avec les éditeurs américains mais un accord n’est pas exclu).

La question du prix est déterminante pour le développement du marché où tout le monde veut augmenter sa marge. Tous les acteurs s’accordent pour demander à l’Etat de baisser la TVA de 19,6% à 5,5% comme sur les livres papiers.

Les écueils de la musique numérique veulent être évités (piratage, formats incompatibles, quasi monopole d’un seul distributeur…).

Liste des intervenants :

SFR – Laurence Dolivet, Responsable musique et livre numérique
MILIBRIS – Guillaume Monteux, Président fondateur
EDITIS – Virginie Clayssen, Développement Numérique
FNAC – François Gerber, Directeur des Activités Numériques
BOOKEN - Laurent Picard, Co-fondateur
GFK – Philippe Person, Directeur du Pôle Culture
SONY FRANCE - Romain Poulet, Responsable partenariats contenus

G. Gras


Le programme de fidélité : solution anti-crise ou développement durable?

Mercredi 4 novembre 09

Le consommateur est intelligent, il n’est plus question de le berner. Ce n’est pas nouveau, mais particulièrement vrai en cas de crise. Toutes les études récentes montrent une baisse forte et régulière de la fidélité aux Marques. Elles traduisent une reprise de pouvoir réelle du client sur sa consommation. Le consommateur a des attentes fortes. Aujourd’hui, ses exigences sont de deux ordres : d’abord le prix ; il cherche des moyens de retrouver du pouvoir d’achat dont il perçoit la baisse. Ensuite le type de relation avec ses Marques ; il privilégie des relations pas toujours durables mais avec des marques réellement choisies pour leurs valeurs, postures ou comportements. Il comprend et décode parfaitement les offres qui lui sont proposées. Pas question de faire de fausses promesses ou d’afficher une générosité fictive. Effet boumerang assuré. Enfin, il sélectionne beaucoup plus et beaucoup mieux qu’avant en fonction de critères de plus en plus objectifs. L’achat d’impulsion est moins fréquent. Il n’y a qu’à voir la part grandissante des achats effectués pendant les soldes.

Dans ce contexte de plus en plus difficile pour les Marques, les programmes dits « de fidélité » connaissent une nouvelle jeunesse.

Une étude récente, réalisée par VERTONE, portant sur une centaine de Marques, apporte quelques éclairages sur ce nouveau regain. La plupart des marques étudiées, en effet, disposent d’un programme de fidélisation. 62% d’entre elles ont développé un programme classique avec mécanique de récompenses, 25% un programme d’avantages structurés, les 13% restant ont mis en œuvre des actions clients non structurées en programme. C’est le signe d’un recentrage fort sur « l’actif client », prioritaire en cas de crise.

En ce qui concerne l’importance donnée au programme, les marques naviguent entre deux extrêmes : « programme stratégique » d’une part avec généralement, un périmètre large, une forte visibilité de l’offre et une forte valeur perçue par le client ou simple « offre technique » d’autre part, avec un accès réduit ou contraint et une  faible générosité. Les programmes « stratégiques » ont beaucoup plus de chances de succès, même si l’investissement peut être lourd. A l’inverse, les programmes non assumés, presque cachés, tant le niveau de communication est faible, ne fonctionnent plus. L’heure est donc venue d’assumer sa politique client.  Autre élément marquant, les programmes de fidélité ne poursuivent pas souvent un objectif de fidélisation. La majorité des programmes étudiés (46%) visent, en effet, essentiellement à développer ou plutôt sécuriser le chiffre d’affaires. Seulement 36% d’entre eux ont pour objectif l’allongement de la durée de vie ou l’attachement à la Marque. Néanmoins, quel que soit l’objectif poursuivi, c’est la mécanique de récompense qui est privilégiée pour matérialiser l’intention de fidélisation dans une logique gagnant-gagnant.

Enfin, tous ces programmes visent à maximiser le rapport valeur perçue sur coût. Tous les leviers sont explorés du yield management aux partenariats, en passant par le développement de « galeries marchandes » ou à la dématérialisation des supports. C’est le signe que les marques ont compris que la valeur devait au maximum revenir au client. C’est probablement ce qui explique le succès des mécaniques de cash-back très en vogue dans la distribution. Principal avantage pour le client, la générosité apparaît clairement mais c’est aussi une nouvelle exigence pour la marque…pour que la générosité soit  perçue, il faut qu’elle soit bien réelle et croyez-moi, le consommateur est de plus en plus vigilant.

Alors, cet engouement est-il lié au contexte de tension sur le pouvoir d’achat ou le phénomène est-il durable ?

On constate finalement un retour au fondamentaux des mécanismes de fidélité à une marque. Au-delà de la qualité des produits ou services proposés, c’est la confiance inspirée  qui est le vrai moteur d’un comportement fidèle. Même s’il y a un aspect conjoncturel évident, les différents éléments de notre étude – plus de simplicité, plus de clarté, plus de générosité – expliquent certainement qu’un nouveau rapport de confiance est en train d’être instauré par de plus en plus de marques avec leurs consommateurs et clients. Il était temps ! Les programmes de fidélité en sont la traduction matérielle. Souhaitons le plus grand succès aux marques qui se risquent à assumer une politique client bienveillante et généreuse. Mais attention, sans un retour sur investissement prouvé et durable, le succès actuel des programmes de fidélité ne tiendra pas la distance.

Xavier D. ( Article publié dans Marketing Direct )